Repères d’assise & Contexte traditionnel
La posture assise et la tradition du zazen
Le zafu n’est pas né comme un simple accessoire de confort : dans la tradition du zen Soto, c’est un instrument d’assise conçu pour un usage précis. Comprendre cette pratique et son contexte éclaire la façon dont l’atelier Myokan conçoit et confectionne ses zafus.
L’assise silencieuse dans la tradition du zen
« Zazen » signifie littéralement « méditation assise ». Introduite en Europe par Maître Taisen Deshimaru à partir de 1967, cette pratique de la tradition zen Soto n’est ni une méthode d’évasion ni une technique de relaxation guidée, mais une assise dépouillée de tout esprit de compétition ou de profit (mushotoku). Assis en silence face au mur, le pratiquant laisse le corps s’organiser autour d’une colonne étirée et d’une respiration abdominale lente, sans s’attacher aux pensées qui traversent l’esprit.
Support matériel
Le rôle du zafu dans la posture
S’asseoir à même le sol sans support fait presque immédiatement basculer le bassin vers l’arrière, obligeant le dos à compenser pour ne pas s’effondrer.
« S’asseoir sur un zafu, quoi que vous fassiez, vous conduit naturellement vers la respiration zen abdominale. L’énergie circule dans tout le corps et l’esprit retrouve son calme. »
En surélevant légèrement le bassin et en invitant à s’asseoir sur son tiers avant, le zafu bascule naturellement le bassin vers l’avant : la colonne peut s’étirer sans tension musculaire, tandis que les genoux, ancrés au sol, forment avec le coussin un trépied stable. C’est cette mécanique précise — et non un simple confort — qui a fixé les proportions traditionnelles du zafu.
Les plis d’aisance et le kapok dense
Les plis latéraux cousus en accordéon laissent la toile s’évaser sous la charge. Le rembourrage en kapok végétal, dense et imputrescible, maintient une fermeté que la mousse synthétique ne peut égaler dans la durée.
L’indispensable duo avec le zabuton
Le zafu élève le bassin, mais les genoux et les chevilles restent au contact du sol. Posé dessous, le zabuton amortit les articulations et permet à l’assise en trépied de s’établir sans douleur.
Repères de hauteurs selon la morphologie
- Taille S (28 × 13 cm) : personnes souples ou zafu de voyage.
- Taille M (30 × 15 cm) : hauteur standard, adaptée à la majorité des pratiquants.
- Taille L (32 × 17 cm) : plus d’1m80 ou hanches raides, pour faciliter la bascule lombaire.
De la pratique à l’atelier
Le savoir-faire de Myokan
C’est dans cette même lignée que Véronique Myokan Harruis a appris à confectionner les zafus en 1982, à l’atelier du dojo de Paris, selon la méthode transmise par maître Deshimaru. L’atelier Myokan confectionne depuis des objets d’assise fidèles aux proportions requises par cette pratique.
« C’est bien, pour ceux qui veulent continuer la pratique, d’avoir son propre zafu, le coussin sur lequel on s’assoit. C’est important qu’il soit adapté à votre morphologie. »
Cette attention portée au geste et à la posture rejoint d’autres traditions artisanales, comme le montre notre page sur le geste, la posture et la concentration.
Repère vivant
La pratique au dojo de Montpellier
Dojo Zen de Montpellier (Kosen Sangha)
34, rue Bourrely — 34000 Montpellier
Véronique Myokan Harruis y poursuit sa pratique. Les débutants y sont accueillis : zafus et zabutons sont prêtés sur place, aucun matériel personnel n’est requis pour une première séance.